Livre : Le journal de Yalda
« Comment peut-on être persan ? » Tout le monde connaît cette citation de Montesquieu. Trois siècles plus tard, il suffira de changer un mot : comment peut-on être afghan, ce qui n’est pas tellement différent, puisqu’en Afghanistan on parle une langue venue du persan ; et l’on aura la question que les Occidentaux ont souvent posée à Paris, avec curiosité et mesure, à une jeune fille débarquée de Kaboul. Elle a dix-huit ans, elle a tenu son journal alterné, France-Afghanistan, pendant deux ans. Elle a appris le français, elle recense ses découvertes et ses nostalgies. Et elle révèle les contrastes saisissants entre deux univers contemporains. Enfant, elle a dû fuir les règles cruelles imposées à son pays par les Soviétiques, puis par les talibans. D’une page à l’autre, elle décrit tout ce qu’elle éprouve, disons du voile obligatoire au blue-jean, uniforme des Occidentaux.
Le Figaro par Eric Ollivier – 15 septembre 2005.
Je m’appelle Yalda. J’ai 17 ans et je suis afghane.
« Je m’appelle Yalda. J’ai 17 ans et je suis afghane. Quand j’avais 5 ans, nous avons fui la guerre pour nous réfugier à Islamabad, au Pakistan, où j’ai vécu dans la poussière. A la télé, j’ai vu mon pays sombrer dans l’obscurantisme, les femmes réduites à néant par les talibans. Lorsqu’on m’a proposé de poursuivre mes études à Paris, j’ai pensé : c’est la chance de ma vie. Ma famille a dit oui. Je n’ai encore jamais pris l’avion, je n’ai encore jamais vu de femmes sans voile ailleurs qu’à la maison. Chez moi, à mon âge, une fille est mariée, souvent sans son consentement. Hier soir, avant mon départ, on m’a offert un cahier avec sur la couverture une montagne enneigée. Pour y écrire ce que j’ai sur le coeur. »
C’est le regard lucide, étonné et souvent drôle d’une jeune femme afghane sur nos moeurs : le voyage de Yalda en France.
Biographie des auteurs : Marion Ruggieri est journaliste à Elle. Yalda Rahimi est étudiante à Paris.




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