Cinéma : L’ étoile du soldat de Christophe de Ponfilly.
Publié par Christine, le 2 mar 2006 dans Actualités, Culture, Région du Panjshir.
« L’étoile du soldat » raconte l’histoire vécue d’un jeune musicien russe Nikolaï parachuté en Afghanistan au temps de la résistance anti-soviétique. Enlevé par un groupe de Moudjahidin, il finit par basculer dans leur camp.
Après avoir réalisé de nombreux documentaires sur la question afghane (Massoud l’Afghan, 1998), Christophe de Ponfilly a choisi la fiction pour narrer cette période de l’histoire : « C’est bien sûr très différent, mais c’est tout autant passionnant. [...] seule la fiction pouvait permettre de reconstituer des moments de l’histoire passée. De raconter quelques événements à travers ce que je considère être un point aveugle de notre histoire contemporaine : la période soviéto-afghane des années 1980 » .
Au cours de la discussion, Christophe de Ponfilly se confie sur son attachement à l’Afghanistan et au Commandant Massoud : « Je n’ai pas honte d’avoir été partisan de Massoud. Je pense que parmi ses détracteurs, il y en a peu qui ont vraiment rencontré l’homme. Ainsi, la période 1992-1996, lorsque Massoud s’est retrouvé ministre de la défense à Kaboul, a été très mal racontée. Les témoins se comptent sur les doigts d’une main. Et si Massoud a fait la guerre pour faire arrêter la guerre, et a ainsi perdu beaucoup de son crédit d’homme de paix, son honnêteté quant à sa lutte pacifique me semble incontestable. »
Le film a été tourné dans plusieurs villages de la vallée du Panjshir, et notamment dans le village d’Hannaba où se trouve le lycée Malalai construit par Afghanistan Libre.
Christophe de Ponfilly rappelle la situation des femmes dans cette région :
« La plupart des femmes qui apparaissent dans le film – elles sont peu nombreuses – ont été engagées à Kaboul. Dans la vallée du Panjshir, la situation des femmes s’est aggravée depuis la période des talibans. J’ai été très surpris de ne pouvoir croiser de femmes à visage découvert dans les villages où autrefois j’avais séjourné. A chaque scène avec des femmes, nous avions toujours des réactions hostiles. Les comédiennes devaient se tenir à l’écart du plateau et ne sortir de leur cachette qu’au moment du tournage. Pour le rôle de la petite fille du film, nous avons bien sûr négocié avec sa mère, une femme abandonnée par son mari. Pour les autres femmes, nous avons aussi eu à obtenir l’accord des familles. Une femme, toutefois, a accepté de jouer le rôle d’une femme violée par un soldat soviétique. C’est une comédienne afghane fière d’être comédienne, et revendiquant avec force et courage son indépendance de femme. »
En attendant la sortie du livre (mai 2006) et du film (courant 2006), vous pouvez retrouvez cette conversation avec Christophe de Ponfilly sur le site de télérama.
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