Livres & Culture
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Afghanistan, gagner les cœurs et les esprit, édité par Pierre Micheletti (2011)
Après le temps des Soviétiques, puis celui des Talibans, vient la fin annoncée du temps des Américains en Afghanistan. La population afghane aimerait panser les plaies de ces multiples guerres. Ecrit par des journalistes, des chercheurs et des humanitaires, le livre Afghanistan. Gagner les cœurs et les esprits revient sur les acteurs et les intérêts qui s’affrontent encore dans ce pays.
« Justice est faite. » Ainsi parlait Barack Obama en Ă©voquant la mort d’Oussama ben Laden et le retrait des troupes amĂ©ricaines d’Afghanistan. Pour autant, Ă l’heure du retrait des troupes Ă©trangères, quels sont les acteurs et les intĂ©rĂŞts qui s’affrontent encore dans ce pays ? Afghanistan a-t-il Ă©tĂ© effectivement reconstruit ? La brutale guerre Ă la drogue a-t-elle portĂ© ses fruits ? La pauvretĂ© a-t-elle diminuĂ© ? C’est Ă ces questions et Ă bien d’autres que le livre Afghanistan. Gagner les cĹ“urs et les esprits invite Ă rĂ©flĂ©chir.
Ecrit par des journalistes, des chercheurs et des humanitaires, sous la direction de Pierre Micheletti, ancien président de l’ONG Médecins du monde, cette coédition RFI-Presses universitaires de Grenoble éclaire l’avenir d’un pays passionnant et de son peuple.
Femmes afghanes en guerre de Carol Mann (2010)
PrĂ©sentation de l’Ă©diteur (Éditions Le Croquant, Collection Terra):
Le destin des femmes afghanes est au centre d’un certain discours politique depuis la destruction des tours jumelles Ă New York, le 11 septembre 2001 et l’invasion amĂ©ricaine de l’Afghanistan qui a suivi. Ultra-mĂ©diatisĂ©, le sujet a cependant Ă©tĂ© très peu recherchĂ© par les sciences sociales. Cette Ă©tude critique, la première dans son genre, replace la vie des femmes afghanes dans leur contexte historique, social et ethnographique tout en tenant compte des changements tentĂ©s par divers gouvernements du dĂ©but du xxe siècle jusqu’à aujourd’hui. Ce travail prend en compte les Ă©lĂ©ments de continuitĂ© et de transformations des femmes, surtout rurales, des camps de rĂ©fugiĂ©s jusque dans la province afghane aujourd’hui et permet d’évaluer l’influence vĂ©ritable des multiples agents sur place : Ă©tat de guerre chronique, programmes d’aide, stĂ©rĂ©otypes dĂ©mocratiques importĂ©s de l’OcciÂdent, l’Iran, brutales exigences de l’économie mondialisĂ©e. Et pourtant, les femmes subissent surtout la double influence de l’islam politique et de la tradition reconfigurĂ©e, ignorĂ©e tant par les chercheurs que les agences humanitaires. Ă€ elles de nĂ©gocier une place au sein de ces multiples Ă©taux, parfois au prix de leur propre existence. Ce livre rĂ©sulte d’une longue Ă©tude de terrain (de 2001 Ă 2009) et d’un travail humanitaire avec des associations de femmes.
The Land of Unconquerable: a Textured Portrait of Afghan Women, édité par Jennifer Heath et Ashraf Zahedi
Ce livre Ă©ditĂ© par Jennifer Heath et Ashraf Zahedi compte les articles des journalistes, politiciens, travailleurs dans l’humanitaire, historiens et spĂ©cialistes connaissant l’Afghanistan lors de leurs voyages et travail dans le pays. Les essais forment une vu
e d’ensemble sur l’Ă©volution de diffĂ©rents aspects de la situation des femmes afghanes. Lisez la note de lecture du livre en anglais.
Le Jardin d’Hadji Baba, d’Isabelle DELLOYE:
Ces vers mĂ©lancoliques de Raymond Radiguet traduisent magnifiquement le regret qui nous saisit une fois refermĂ© ce poème en prose qu’est Le Jardin d’Hadji Baba. Est-il possible que l’Afghanistan, que l’on nous montre broyĂ© par une guerre qui n’en finit pas, oĂą les fantĂ´mes n’ont plus de femmes que le nom, oĂą le prĂ©sent est un calvaire et le futur inexistant, fut un jour ce pays oĂą a coulĂ© « le lait et le miel » ? Est-il possible que la douceur de vivre y ait imprĂ©gnĂ© chaque moment de l’existence, oĂą les plus fĂ©roces combats se livraient en joutes poĂ©tiques et oĂą le parfum des roses vous entrouvrait les portes de l’Ă©ternitĂ© ?
Le livre commence comme un conte oriental : un vieux sage recueille un orphelin (sa famille a disparu dans les bombardements) qu’il va, par petites touches, ouvrir Ă la spiritualitĂ©, voire Ă la mystique, Ă l’art et au respect de l’autre : le soufisme comme art de vivre. LĂ est le vĂ©ritable humanisme fait d’entraide et de dĂ©fĂ©rence, de joie et d’amour.
Et quand son mentor rejoindra le paradis d’Allah, l’adolescent devenu un homme solide et plein de dĂ©licatesse, se souviendra de son enseignement : « J’ai aimĂ© et n’est-ce pas lĂ l’unique saveur de la vie… » Cela lui donnera la force de vouloir reconstruire son pays, malgrĂ© la violence, malgrĂ© la haine qui dĂ©truit tout, malgrĂ© les chagrins et les deuils. Parce que, quoi qu’il arrive, « ceux qui nous aiment ne nous quittent jamais ».
Le texte du site http://livres-et-voyages.blogs.nouvelobs.com.
Pour l’amour de Massoud, de Sediqa Massoud, avec la participation de ChĂ©kĂ©ba Hachemi et Marie-Françoise Colombani :
Massoud. Ce nom Ă©voque l’homme qui a rĂ©sistĂ© dans les montagnes d’Afghanistan contre les SoviĂ©tiques, puis contre les talibans. Le hĂ©ros assassinĂ© par les extrĂ©mistes de l’islam, le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats du World Trade Center. Ce tĂ©moignage exceptionnel est celui de la femme que Massoud a aimĂ©e, Ă©pousĂ©e dans le plus grand secret, et avec qui il a eu six enfants. Elle a 17 ans lors de leur mariage, lui 34. Il l’appelle » Pari « , » Ange « . Il l’a choisie parce qu’elle a grandi dans la guerre, et qu’elle saura vivre sa vie de rĂ©sistance. On dĂ©couvre un Massoud qui rentre parfois brisĂ© par les combats, et qui parle la nuit durant Ă sa femme pour se libĂ©rer des tensions. Un homme qui rĂŞve de voir son pays enfin en paix, et aussi un passionnĂ© de poĂ©sie et de littĂ©rature, adorant ses enfants. Dans ce cadre d’hĂ©roĂŻsme permanent qu’est la guerre contre plus fort que soi, l’histoire d’amour de Massoud et Sediqa est bouleversante, parce qu’elle est secrète, toujours en danger, et qu’elle s’inscrit forcĂ©ment dans l’histoire internationale. Sediqa Massoud nous rĂ©vèle ici la face cachĂ©e d’un grand chef de guerre, visionnaire, Ă©pris de libertĂ©, que le monde entier respecte et dont la vie personnelle reste Ă ce jour un mystère.
Ce rĂ©cit a Ă©tĂ© recueilli par Marie-Françoise Colombani, journaliste au magazine ELLE, et ChĂ©kĂ©ba Hachemi, prĂ©sidente de l’ONG Afghanistan Libre, Premier SecrĂ©taire de l’ambassade d’Afghanistan auprès de l’Union europĂ©enne, toutes deux amies de Sediqa Massoud. C’est le commandant Massoud lui-mĂŞme qui leur a fait rencontrer sa femme.
Massoud l’Afghan, de Christophe de Ponfilly :
« Afghanistan. Pays lointain, en guerre, dont tout le monde se fout. Ou presque… »
Christophe de Ponfilly a rĂ©alisĂ© nombre de films sur l’Afghanistan et a longuement cĂ´toyĂ© le commandant Massoud, figure charismatique de la rĂ©sistance afghane contre les SoviĂ©tiques. Depuis l’entrĂ©e en scène des talibans, introduisant au nom de l’Islam un vĂ©ritable système totalitaire, Massoud avait abandonnĂ© Kaboul et s’Ă©tait repliĂ© dans son fief du Panjshir. L’auteur Ă©voque deux solitudes et deux combats : celle d’un chef de guerre et la sienne, celle d’un cinĂ©aste du rĂ©el qui s’interroge sur sa dĂ©marche. Peu Ă peu se dessine le portrait singulier d’un combattant Ă travers la sensibilitĂ© d’un Ă©crivain-reporter.
L’Ă©toile du Soldat de Christophe de Ponfilly :
« NikolaĂŻ, jeune Russe de vingt ans, aime chanter, jouer de la musique, et se moque de la politique. Jusqu’Ă ce jour de 1984 oĂą sa vie bascule. EnvoyĂ© en Afghanistan, pris au piège d’une guerre honteuse, tĂ©moin des exactions de l’armĂ©e soviĂ©tique, il est fait prisonnier par les moudjahidin du commandant Massoud. Il rencontre alors un journaliste français qui, comme lui, Ă©prouve pour les rĂ©sistants afghans, mais aussi pour cette terre, un profond respect. Dès lors, NikolaĂŻ devient Ahmad, l’Afghan… »
CinĂ©aste documentariste, auteur de Massoud l’Aghan, prix Albert-Londres, connu pour ses engagements, Christophe de Ponfilly a rencontrĂ© son personnage dans les montagnes du Panjshir quand il tentait dĂ©jĂ d’alerter l’opinion sur l’erreur des AmĂ©ricains Ă alimenter le terrorisme islamiste au lieu de miser sur des opposants politiques tel Massoud. De cette rencontre est nĂ© L’Ă©toile du soldat, un roman d’apprentissage passionnant et Ă©mouvant, un chant Ă l’ouverture de soi et Ă la connaissance de l’autre.
Les Cerfs-volants de Kaboul (The Kite Runner) de Khaled Hosseini :
De Kaboul Ă San Francisco, des annĂ©es 70 Ă nos jours, une dĂ©chirante histoire d’amitiĂ© et de trahison, avec, en arrière-plan, la chronique tourmentĂ©e d’un pays dĂ©vastĂ© : l’Afghanistan.
Bien que frères de lait, Amir et Hassan ont grandi dans des mondes diffĂ©rents : le premier est le fils d’un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. InsĂ©parables, liĂ©s par une mĂŞme passion, les deux garçons se vouent une amitiĂ© indĂ©fectible.
Mais ce lien va se briser Ă jamais. Alors que sous ses yeux Hassan subit une vĂ©ritable ignominie, Amir reste pĂ©trifiĂ©. Peur ? LâchetĂ© ? Honte ? Pris dans une terrible confusion des sentiments, il n’esquissera pas un geste pour sauver son ami.
ÉtĂ© 2001. RĂ©fugiĂ© depuis plusieurs annĂ©es aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Il existe un moyen de te racheter, lui annonce la voix au tĂ©lĂ©phone. Mais ce moyen passe par une plongĂ©e au coeur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passĂ©.
L’auteur : Khaled Hosseini est nĂ© Ă Kaboul, en Afghanistan, en 1965. Fils de diplomate, il a obtenu avec sa famille le droit d’asile aux Etats-Unis en 1980. Son premier roman, Les Cerfs-Volants de Kaboul, a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un extraordinaire bouche Ă oreille. AcclamĂ© par la critique, il est restĂ© de nombreuses semaines en tĂŞte des listes aux Etats-Unis, oĂą il est devenu un livre-culte. Les Cerfs-Volants de Kaboul a reçu le prix RFI et le Grand prix des lectrices de Elle en 2006.
Mille soleils splendides de Khaled Hosseini :
ForcĂ©e d’Ă©pouser un homme de trente ans son aĂ®nĂ©, Mariam ne parvient pas Ă lui donner un fils. Après dix-huit annĂ©es de soumission Ă cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle Ă©preuve : l’arrivĂ©e sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. D’abord rongĂ©e par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliĂ©e en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan.
Mais parviendront-elles jamais Ă s’arracher Ă cette terre afghane sacrifiĂ©e, et Ă leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs « mille soleils splendides » ?
Les cinq derniers siècles: Première partie : du XVIème siècle à 1919
Il n’existe pas jusqu’à aujourd’hui de livre écrit en français sur l’histoire de l’Afghanistan. Les livres disponibles font le plus souvent une analyse globale mais ne donnent pas une relation détaillée des événements. Aussi, le CEREDAF est heureux de mettre à la disposition du public une traduction en français de l’ouvrage de Sediq Farhang à destination de tous ceux qui s’intéressent à l’Afghanistan et à son histoire mouvementée. Ancien ambassadeur, Sediq Farhang fait aussi partie du petit nombre des historiens afghans reconnus. Au contraire de beaucoup d’historiens occidentaux, il a eu accès à de nombreuses sources en langues afghanes ou en arabe. Ses références sont ainsi précises et d’une grande diversité. Son livre est traduit en français par son fils, Zia Farhang. Ce premier tome couvre la période allant de l’antiquité à la fin du règne de l’émir Habibollah (1919).
Publié par le CEREDAF
Terre et cendres (2000)
De Atiq Rahimi
Un pont, une rivière assĂ©chĂ©e dans un paysage dĂ©solĂ©, la guĂ©rite d’un gardien mal lunĂ©, une route qui se perd Ă l’horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l’Union soviĂ©tique. Le vieil homme va annoncer Ă son fils qui travaille Ă la mine, le père du petit, qu’au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons… C’est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de n’ĂŞtre pas entendu.
De Andrea Busfield
Curieux, vif et intelligent, Fawad, onze ans, porte sur le monde un regard critique et amusĂ©. Son père et son frère ont Ă©tĂ© tuĂ©s pendant la guerre, et il vit Ă Kaboul avec sa mère, qui se dĂ©mène pour subvenir Ă leurs besoins. Tout change lorsque celle-ci trouve un emploi chez des expatriĂ©s qui acceptent de les loger. Fawad dĂ©couvre le confort moderne et le comportement Ă©trange des Occidentaux en observant ses hĂ´tes, une joyeuse petite bande aux moeurs Ă©tranges. Surtout, il se lie d’amitiĂ© avec Georgie, une Anglaise Ă©blouissante qui travaille dans une ONG et vit une dangereuse histoire d’amour avec un chef de guerre afghan. Durant une annĂ©e, Fawad va grandir au rythme de deux cultures. A travers sa voix, Le Monde selon Fawad lance un message d’amour drĂ´le et bouleversant Ă un pays tourmentĂ©.
Joseph Kessel
« Kessel a situĂ© en Afghanistan une des aventures les plus belles et les plus fĂ©roces qu’il nous ait contĂ©es: Les personnages atteignent une dimension Ă©pique: Ouroz et sa longue marche au bout de l’enfer… Le grand Toursène fidèle Ă sa lĂ©gende de tchopendoz toujours victorieux… Mokkhi, le bon sais, au destin inversĂ© par la haine et la dĂ©couverte de la femme… ZĂ©rĂ© qui dans l’humiliation efface les souillures d’une misère qui date de l’origine des temps… Et puis l’inoubliable Guardi Guedj, le conteur centenaire Ă qui son peuple a donnĂ© le plus beau des noms: « AĂŻeul de tout le monde »… Enfin, Jehol « le Cheval Fou », dont la prĂ©sence tutĂ©laire et « humaine » plane sur cette chanson de geste… Ils sont de chair les hĂ©ros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et primitifs. Et pourtant le souffle de la fable et du mythe les anime et nourrit le roman. »
De Wali Mohammadi
Il lui a fallu de la chance, beaucoup de courage et de foi, et une bonne dose de folie. Son aventure, unique, est aussi un exemple parmi des milliers d autres.
Ils sont des milliers chaque annĂ©e Ă quitter l’Afghanistan et Ă affronter tous les dangers pour Ă©migrer clandestinement : obligĂ©s de franchir dĂ©serts et montagnes, de traverser un ou deux bras de mer, ils mettent souvent des mois pour atteindre leur but – Calais, ultime porte avant l’Angleterre -, quand ils y parviennent.
Wali Mohammadi a Ă©tĂ© l’un d’eux. Orphelin – son père, emprisonnĂ© par les talibans, est mort sous la torture, sa mère a Ă©tĂ© tuĂ©e par une bombe sur un marchĂ© -, il a quittĂ© Kaboul Ă l’âge de quinze ans, car il n’avait plus rien Ă perdre, sauf la vie.
Il fait ici le rĂ©cit de son pĂ©riple – Ă pied, Ă cheval, en bus, en train, en bateau, en camion -, de Kaboul Ă Calais via le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie, la France… II raconte les espoirs, les angoisses d’un clandestin, et toutes les pĂ©ripĂ©ties de son voyage. Il dĂ©nonce le système des passeurs, vĂ©ritable Ă©conomie fondĂ©e sur la contrebande d’ĂŞtres humains. Il dĂ©crit aussi le sort d’un sans-papier, sauvĂ©, dans son cas, par une rencontre heureuse. Une famille de Calaisiens prendra le risque de l’accueillir et lui offrira la chance de mener une nouvelle vie, en France.
Femmes d’Asie Centrale (2004 )
De Christophe de Ponfilly
« Le commandant Massoud voulait rĂ©former la sociĂ©tĂ© afghane et donner la possibilitĂ© aux femmes d’Ă´ter leurs tchadri, d’y retrouver une place et une activitĂ©. En signe de fidĂ©litĂ© Ă sa mĂ©moire, je souhaite continuer Ă tĂ©moigner des vĂ©ritĂ©s humaines. Pour mon retour en Asie centrale, j’ai choisi d’y filmer des femmes. Surtout des femmes, car elles sont souvent exemplaires. Traversant avec dignitĂ© les Ă©preuves ; assumant le quotidien des existences, elles protègent les familles et donnent des chances Ă l’avenir d’ĂŞtre … meilleur. Les femmes ont souvent prouvĂ© leur rĂ©sistance, parfois avec tant d’humilitĂ© qu’Ă l’heure des rĂ©compenses et des honneurs on les oublie. En Afghanistan, nombreuses sont celles qui comptèrent dans la guerre contre l’oppresseur soviĂ©tique, mais y filmer les femmes reste difficile. Au Nord de l’Afghanistan, il est un petit pays d’Asie centrale avec lequel Massoud partagea un vĂ©ritable lien : le Tadjikistan. Il y avait sa base arrière. Il y voyait des femmes dĂ©voilĂ©es, actives, utiles Ă la sociĂ©tĂ©. C’est lĂ -bas que j’allais filmer. Dans cette ex-RĂ©publique soviĂ©tique, les femmes sont entre deux mondes : celui du communisme avortĂ© et celui de l’islam en crise. Et de 1992 Ă 1997, le pays fut profondĂ©ment meurtri par une guerre civile. J’ignorais alors que l’aventure serait si passionnante.» CHRISTOPHE DE PONFILLY
Au fil de son voyage, Christophe de Ponfilly fit de nombreuses et Ă©tonnantes rencontres : une veuve, balayeuse de rue Ă DushanbĂ©, des paysannes, une directrice d’orphelinat, des jeunes mariĂ©es, une cĂ©libataire journaliste Ă la tĂ©lĂ©vision, une femme mollah… Chaque portrait nous laisse entrevoir la complexitĂ© de la sociĂ©tĂ© tadjike. Christophe de Ponfilly est journaliste (prix Albert-Londres), reporter et cinĂ©aste. RĂ©alisateur de plusieurs documentaires, il est l’auteur de cinq livres, dont Massoud l’Afghan (ARTE Editions/Le FĂ©lin, 1998).









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Reportage sur ROZ, ses journalistes et le journal scolaire des élèves de Malalaï, par Joan Roels
"Donner l'éducation c'est à dire donner de l'espoir"


